Management & Stratégie

Management : gérer les ego pour construire une équipe gagnante

Dans les années 80 et 90, deux immenses stars cohabitaient en NBA : Earvin « Magic » Johnson et Michel Jordan. Deux énormes joueurs, brillants, surdoués et à la personnalité hors-norme. Malgré un début de relation conflictuel, les deux hommes ont finalement réussi à se respecter jusqu’à former le socle de la « Dream Team » des JO de Barcelone en 1992. Et si leur histoire nous donnait des clés pour résoudre certaines situations conflictuelles en entreprise ?

Un début de relation mouvementé

Un article récent paru dans le quotidien « L’Equipe » du 28 février 2017 raconte l’histoire de la relation mouvementée entre les deux leaders.

En 1984, lorsque Michael Jordan débarque en NBA pour sa première saison, « Magic » Johnson est déjà la star des parquets depuis son arrivée dans la ligue 4 ans plus tôt. Alors en pleine rivalité avec Larry Bird, il voit chez ce rookie (débutant) plus qu’un concurrent, un véritable ennemi qui pourrait bien lui ravir sa suprématie.

Pour prendre une analogie avec le monde de l’entreprise, nous avons ici un cadre confirmé qui voit d’un mauvais œil l’arrivée d’un nouveau collègue qui menacerait son leadership, son poste ou son périmètre d’activité.

Deux supers professionnels, dotés d’une grande ambition et d’une énorme confiance en eux.

Les raisons de cette mésentente

Analysons dans un premier temps les racines de ce problème.

a) De forts ego

Tout d’abord, chacun d’entre eux avait un ego surdimensionné. Superstars des parquets, des médias et des sponsors, ils étaient probablement les joueurs les plus doués de leur génération. De supers professionnels, dotés d’une grande ambition et d’une énorme confiance en eux. Nous le constatons tous, l’ego, ou plus simplement l’orgueil, est la racine de beaucoup de problèmes dans le monde de l’entreprise ou dans la vie personnelle…

b) De la jalousie

Les sentiments de « Magic » Johnson à l’égard du jeune joueur semblaient assez clairs. Pour sa première saison, Jordan venait de signer un contrat d’un million de dollars avec son équipementier et beaucoup le considérait comme la nouvelle coqueluche de la NBA. Le leader des Lakers ne pouvait qu’être jaloux de celui qui venait ravir sa couronne de star incontestée du basket US.

Pour arriver à devenir complices, le chemin semblait long car rien ne semblait pouvoir réunir les deux hommes. Mais l’attitude d’un des deux joueurs va permettre de nouer une vraie et forte relation.

« Au départ, on veut tout pour soi et puis on comprend qu’il y a assez de place pour tout le monde. » Magic Johnson

Sur le chemin de la réconciliation

Comment réussit-on à passer d’une relation compliquée à la « Dream Team » de Barcelone ? L’article du quotidien L’Equipe nous livre trois clés essentielles.

a) Du dialogue

C’est l’aîné, « Magic » Johnson, qui va prendre l’initiative de nouer le contact avec son cadet. « Je devais le faire » nous indique l’article, « parce qu’il était un jeune homme et que j’étais le vétéran ». 

Le dialogue est la base de toute conciliation ou réconciliation car, lorsque deux parties refusent de parler et d’avancer, la situation reste désespérément dans l’impasse.

Notons que dans cette histoire, c’est la personne la plus âgée, ou la plus expérimentée, qui a pris les choses en main. En plus de donner l’exemple, c’était également une façon de montrer qu’elle détenait le leadership.

b) De l’humilité

Par son attitude, « Magic » fait preuve d’une réelle maturité et montre qu’il n’y a qu’une seule façon de vaincre l’orgueil : en faisant preuve d’humilité. Une belle leçon pour beaucoup de leaders !

c) De la sagesse

La suite de l’article précise les propos de Johnson : « Ça prend du temps pour se lier d’amitié ! Au départ, on veut tout pour soi et puis on comprend qu’il y a assez de place pour tout le monde ». 

Le vétéran Johnson fit preuve de sagesse. Car il comprit qu’il n’y avait pas qu’une seule place au sommet de la NBA et que la ligue brillait encore plus s’il y avait plusieurs stars pour y concourir. Michael Jordan fit preuve de sagesse également, en écoutant et en ne cherchant pas à voler la vedette à l’autre. L’empreinte d’un homme de valeur et d’un grand champion.

Leur bonne disposition va permettre à l’équipe américaine de se mettre en ordre de marche pour les Jeux Olympiques de Barcelone. En 1992, les américains vont éblouir de leur talent la compétition et la « Dream Team » de Magic Johnson et de Michael Jordan restera comme l’une des plus grande équipe sportive de tous les temps. Sans l’humilité et la sagesse de ces deux grands champions, les USA n’aurait probablement pas autant dominé cette discipline.

Le travail en entreprise est un sport collectif qui se joue à plusieurs.

Les leçons de management à retenir

Tout d’abord, on ne peut bâtir une équipe en laissant se confronter les ego et se développer les rivalités. La Dream Team de 1992 s’est construite à ce prix.

Ensuite, le travail en entreprise est comme un sport collectif qui se joue à plusieurs. On peut vouloir garder le ballon à soi et briller, mais on est plus fort lorsqu’on joue avec les autres. Il faut pour cela trois valeurs : le sens du dialogue, de l’humilité et de la sagesse.

Des qualités trop souvent, hélas, piétinées dans le monde de l’entreprise… Merci à ces deux grands champions de nous les avoir rappelées !

 
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