Economie

Les banques à l’ère du #digital (1/3) : les banques et la révolution digitale

La démocratisation des réseaux sociaux et des terminaux mobiles a entraîné de nouveaux comportements et de nouvelles habitudes de consommation. L’impact sur les banques, actrices centrales de l’économie, a été colossal.
Je vous propose un tour d’horizon en 3 parties sur les conséquences de cette révolution sur ce secteur, le nouveau modèle bancaire mis en place et les perspectives d’avenir.

“La révolution ne supprime pas les privilèges, elle se borne à changer les privilégiés.” P. Bouvard

1. L’avènement de l’internet et du digital

Les banques sont, depuis l’antiquité, des actrices essentielles de l’économie. Leur rôle consiste à collecter de l’épargne pour la distribuer ensuite sous forme de crédits.
Leur modèle avait peu évolué au fil de l’histoire, car elles jouissaient d’une position de rentier et de monopole sur certaines opérations génératrices de fortes commissions : crédits aux entreprises et aux particuliers, paiements et flux divers …
Mais l’arrivée du digital va brusquement tout remettre en question.

Dès 2000, on assiste à la démocratisation de l’internet. Les banques s’ouvrent alors peu à peu au web (accès aux comptes en ligne essentiellement).
Apparaissent alors une nouvelle concurrence de pure players(Boursorama, ING Direct…), à l’opposé du modèle d’agences traditionnel (click and mortar).

Puis en 2007, intervient un événement majeur : la sortie du premier iPhone. C’est le début d’une nouvelle ère. Dorénavant, tout le monde aura internet dans sa poche. Il existait auparavant des forfaits web, mais les téléphones portables de l’époque offraient peu de confort de consultation. L’arrivée de l’iPhone marque la véritable naissance du digital, au sens premier du terme (« digital » = tactile).

L’adjectif digital en français signifie « qui se rapporte aux doigts ». Il vient du latin digitus, « doigt ».
Académie française

Internet et le téléphone mobile sont les technologies qui ont connu l’essor le plus rapide de l’Histoire, loin devant le téléphone fixe, la télévision ou l’ordinateur.

Apparaissent alors tout naturellement de nouveaux comportements, avec notamment la banalisation du multi-écrans. Les internautes sont alors connectés ATAWAD (anytime, anywhere, anydevice).

2. De nouvelles menaces pour les banques

C’est une véritable révolution numérique qui est lancée, et les banques vont la prendre de plein fouet, car elle remet en cause leur modèle et leur positionnement. Les nouvelles menaces sont nombreuses :

1) Les comportements et attentes des consommateurs ont évolué

Ultraconnectés, de plus en plus de personnes utilisent les services de canaux à distance mis à disposition par les banques pour effectuer des opérations de base (consultation des comptes, virements, paiements…).

2) Un consommateur très bien informé, qui en sait parfois autant que son conseiller

Selon un sondage récent, 32% des Français interrogés par Deloitte considèrent en savoir davantage que leur conseiller en matière de gestion de budget.
Avant d’aller chez le médecin, les curieux consultent des sites et forums sur le thème de la santé. C’est le même réflexe constaté avant un rendez-vous chez son banquier.

3) La perte de certains monopoles

  • Paiement sur internet ou sur mobile

Aujourd’hui, Paypal pèse à lui seul 20% du e-commerce mondial. Cette société n’existait pas il y a 20 ans.
Demain, les solutions Apple Pay ou encore Orange Cash, solution de paiement sans contact sur smartphone annoncée par l’opérateur en octobre 2015, devraient prendre également des parts de marchés significatives.

  • Crowfunding

Les banques perdent peu à peu le monopole du crédit. Les sites de financement participatif (crownfunding) ont le vent en poupe. Ces plateformes permettent ainsi à des particuliers de financer des projets personnels ou professionnels.

4) L’arrivée de pure players

Déjà amorcée aux débuts des années 2000, l’arrivée de pure players s’est accélérée avec la multiplication des appareils nomades.
Leurs points forts : des tarifs attractifs, et des plages horaires élargies 6/7 jours jusqu’à 21h00.

Enfin, dernière menace en date pour les établissements financiers traditionnels : l’émergence des Fintechs. Ces start-up spécialisées dans les technologies financières sont très actives dans les crédits à la consommation, les moyens de paiement ou encore les prêts aux PME.

Baisse du trafic en agences + Baisse des commissions
= Fermeture d’agences et baisse des investissements

3. Conséquences sur le secteur bancaire

  • Baisse du trafic en agences

Toutes ces nouvelles menaces ont eu comme premier effet la baisse significative et brutale du trafic en agence, qui serait de 30% sur les deux dernières années.

20% des 38,000 agences bancaires en France ne sont plus rentables (soit 1 agence sur 5 environ). Signe des temps, en 2015, seuls 17 % des clients se rendent à leur agence chaque mois (c’était 60% il y a encore cinq ans).

Conséquence, 1.200 agences ont fermé depuis 2008, et 1.140 agences supplémentaires devraient baisser le rideau d’ici 2017. La Société Générale a ainsi annoncé récemment vouloir fermer 400 agences d’ici 2020.

  • Baisse des commissions

La baisse de fréquentation en agence a entraîné de facto une baisse importante des commissions, qui constituent le PNB des banques (Produit Net Bancaire, équivalent du chiffre d’affaires).
Et comme pour toute entreprise, l’équation est simple : baisse du chiffre d’affaires = moins d’investissements, et embauches en berne.

Un véritable cercle vicieux que les banques avaient urgence à enrayer.

On le voit, les conséquences de la révolution digitale des 15 dernières années ont eu un impact fort sur les banques et leur métier. Autrefois incontournable, l’édifice bancaire tout entier s’est retrouve ébranlé. Les banques devaient réagir et évoluer, sous peine de disparaître au profit de nouveaux acteurs  plus en phase avec leur époque. Nous verrons ce deuxième aspect dans le prochain article : Les banques à l’ère du digital (2/3) : un nouveau modèle bancaire

Pour aller plus loin :
Les banques à l’ère du digital (3/3) : Les enjeux de demain

 
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3 commentaires
  • Sep 6,2016 à 2016-09-06T14:08:20+00:000000002030201609

    […]   […]

     
  • Mico
    Sep 2,2016 à 2016-09-02T09:15:17+00:000000001730201609

    Bonjour,
    pouvez-vous arrêter de parler de révolution digitale ? Parce que digitale se dit d’un sujet qui concerne les doigts, on peut donc traduire « révolution digitale » par « se tourner les pouces ».
    À la rigueur, utilisez « digital revolution » ou simplement « révolution numérique » 🙂

     
    • Fabrice Lamirault
      Sep 5,2016 à 2016-09-05T18:18:00+00:000000000030201609

      Bonjour Mico, je suis assez d’accord avec vous sur l’utilisation du mot « digital » comme le préconise l’Académie Française. Mais je me suis rangé du côté du Larousse (et d’autres dictionnaires) qui définisse ce mot comme un synonyme de « numérique » : http://www.larousse.fr/dictionnaires/francais/digital_digitale_digitaux/25502
      Depuis, je jongle entre ces deux terminologies pour éviter les répétitions dans les articles 😀
      A bientôt !

       

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